LES VIDEOS

(4 vidéos – de 30 s à 3 mn)

Les quatre vidéos sont construites sur le même principe : un objet se déplace d'un lieu à un autre. Une chaise va de ruines en ruines, une télévision s’immisce dans des scènes de rue, un fusil et un drapeau font planer leur menace à différents endroits de la ville, une photographie rend visite à des cimetières.

Chaque vidéo a son univers sonore propre.
La première impression est le contraste, l'inadéquation entre l'image et le son. Petit à petit, le rapport entre les deux se tisse. Les deux dimensions évoquent le même événement symbolique, mais elles n'ont pas la même temporalité. Par exemple, la chaise dans les ruines est le résultat des bombardements et des hurlements que l’on entend dans la bande son. Nous sommes dans le mécanisme du souvenir. Les ruines sont partout dans la ville, et chaque fois que le regard les croise, le souvenir d'un bombardement revient en mémoire, et notamment, le fracas qu’il entraîne. Nous sommes dans le vécu émotionnel de la guerre, et nous la voyons/entendons du point de vue conscient et inconscient de l’individu qui la subit.

Vidéos :

  • La Chaise – 35 s
  • La Télé – 1 mn 35 s
  • Le Drapeau et le Fusil – 1 mn 53 s
  • La Photographie – 2 mn 57 s

Projection sur 3 m de largeur avec spatialisation du son

LES PORTRAITS EN TRIPTYQUE

(10 personnages)

Au centre de l’exposition, il y a les visages. Ils sont le point de départ de mon travail.

Qu’y a-t-il de plus efficace contre les préjugés qu’un regard ou un visage ?

Et puis, en m’approchant, je me suis aperçue que ce sont eux qui racontent le mieux ce qu’est une guerre. Car les effets d’une guerre vont bien au delà de ce qui est visible dans les destructions ou les ruines.

Dans une vie, il y a avant et après la guerre. Et rien ne sera jamais comme avant. Quelle trace laisse cet instant de cassure, ce moment où la trajectoire de chacun change pour ne plus jamais être la même ? Peut-il se raconter en images ?

Ces personnages ont aussi une voix. Ils nous racontent cet avant et cet après. Les leurs, ceux qui n’appartiennent qu’à eux, qui sont propres à leur vie. C’est la rencontre de la petite histoire avec la grande Histoire. Ca peut paraître surprenant, mais pour certains, la guerre n’est pas une malédiction.

Ce témoignage, il existe sous deux formes :

  • une forme sonore qui complète le procédé du regard caméra. Les personnages nous regardent et nous parlent directement, sans médiation.
  • une forme textuelle également, permettant de transmettre le sens des mots. Empruntant à la forme du récit de voyage, une narratrice propose une rencontre intime avec chacun des personnages.

Images :

  • 10 plaques de dibond alu 2 mm – 60x90 cm
  • 10 plaques de dibond alu 2 mm – 50x65 cm
  • 10 plaques de dibond alu 2 mm – 40x60 cm
  • Textes :

    • 10 plaques de dibond alu 2mm – 50x65 cm

LES VIDEOS

(4 vidéos – de 30 s à 3 mn)

Les quatre vidéos sont construites sur le même principe : un objet se déplace d'un lieu à un autre. Une chaise va de ruines en ruines, une télévision s’immisce dans des scènes de rue, un fusil et un drapeau font planer leur menace à différents endroits de la ville, une photographie rend visite à des cimetières.

Chaque vidéo a son univers sonore propre.
La première impression est le contraste, l'inadéquation entre l'image et le son. Petit à petit, le rapport entre les deux se tisse. Les deux dimensions évoquent le même événement symbolique, mais elles n'ont pas la même temporalité. Par exemple, la chaise dans les ruines est le résultat des bombardements et des hurlements que l’on entend dans la bande son. Nous sommes dans le mécanisme du souvenir. Les ruines sont partout dans la ville, et chaque fois que le regard les croise, le souvenir d'un bombardement revient en mémoire, et notamment, le fracas qu’il entraîne. Nous sommes dans le vécu émotionnel de la guerre, et nous la voyons/entendons du point de vue conscient et inconscient de l’individu qui la subit.

Vidéos :

  • La Chaise – 35 s
  • La Télé – 1 mn 35 s
  • Le Drapeau et le Fusil – 1 mn 53 s
  • La Photographie – 2 mn 57 s

Projection sur 3 m de largeur avec spatialisation du son

Purgatoire

Installation vidéo et plastique

Quand la mort prend un visage inhabituel, quand les corps et les maisons se déchi-quètent et se mélangent aussi intimement qu’en Syrie, que reste-il des âmes dans les ruines ? Cette question est le point de départ de "Purgatoire".

L’idée est simple : des robes d’enfants blanches, tâchées de terre et de fumée, en dessous desquelles pendent des pieds de moutons. Hiba Al Ansari, une plasticienne syrienne, a installé ces robes à Kefrenbel dans le centre ville, dans une maison en ruine où plusieurs personnes ont perdu la vie et un jeune homme de 18 ans, ses jambes.

De cette installation est né un objet vidéo. Il se projette comme les autres dans le fond d’un des couloirs du labyrinthe. Les mêmes robes sont suspendues devant. Certaines captent une partie de l’image, d’autres non. Des gravas occupent une partie du couloir, complétant la continuité déjà amorcée par les robes, un peu comme si l’image débordait jusqu’à nous.

Eléments de l'installation :

  • Projection vidéo sur 3 m de largeur avec son ambiant
  • 10 robes d'enfants en coton et 10 paires de pieds de mouton en céramique
  • Gravats

ABDALLAH

Au centre du portrait d'Abdallah, on retrouve le motif du triptyque, trois photos en grand format autour desquelles se déclinent trois séquences éclatées. Ces suites d’images de petit format (10 cm de largeur) sont issues de vidéos tournées avec Abdallah. Les séquences se décomposent et s’éclatent dans l’espace, mettant en valeur des détails : un cri qui se forme dans un visage en plan serré lors d’une manifestation, l'instant où la joie exutoire d’hurler des slogans contre la dictature laisse place à la panique quand des avions de chasse envahissent le ciel et menacent de bombarder la ville.

De loin, ces images juxtaposées créent un tableau graphique mystérieux - aussi mystérieux qu’une vie - où ne restent figuratifs que certains mouvements ou certains plans très serrés. Le spectateur a le choix de s'approcher des séquences ou d'apprécier l'ensemble.

Images
• 1 plaque de dibond alu 2 mm – 60x90 cm
• 1 plaque de dibond alu 2 mm – 50x75 cm
• 1 plaque de dibond alu 2 mm – 40x60 cm
• 350 plaques de dibond alu 2 mm – 10x6 cm

L'EXPOSITION "VOYAGE EN SYRIE LIBRE" EST UNE EXPéRIENCE.

On y entre pour faire un voyage. Au fur et à mesure du parcours, les distances s’amenuisent, la réalité devient symbole, les barrières n’existent plus.

C’est un long voyage qui m’a amené jusqu’à cette installation. Les embûches étaient nombreuses : j’ai du m’infiltrer illégalement plusieurs fois en Syrie depuis la Turquie, avaler les deux dernières heures de route sous l’œeil menaçant des miliciens, faire comme si les bombes n’existaient pas.

Jusqu’à Kefrenbel, cette ville du Nord de la Syrie qui ne ressemble à aucune autre...

Pourquoi ?

Parce que des questions me taraudent, mais sur le chemin, je n’en ai pas encore conscience.

Il m’a fallu cette exposition pour enfin les entendre :

C’EST QUOI LA GUERRE ? A QUOI RESSEMBLE UNE VIE SOUS SA MENACE ? CHANGE-T’ELLE LES VISAGES ? LE REGARD ? QUELLES EN SONT LES CICATRICES ? COMMENT RESTE-T’ON DEBOUT FACE à ELLE ?

Avant de me livrer ses réponses, Kefrenbel me force au voyage intérieur. Se délester de ses a-priori... Vivre la guerre dans son intimité et non pas dans son fracas... Se laisser surprendre par la sincérité de rencontres qu’on n’imaginait pas... S’ouvrir à l’autre comme le miroir de soi, en vivant ses circonstances...

C’est ce voyage – géographique, symbolique et humain – que l’installation propose aux visiteurs, naviguant entre les photographies, les objets vidéo et les objets sonores, entre les portraits et les voix, entre le perceptible et la trame immatérielle qui se construit au fil du voyage. A l'envers du documentaire qui fait du spectateur le témoin d'une guerre, "VOYAGE EN SYRIE LIBRE" immerge le public dans un vécu symbolique et sensoriel de ce qu'est une guerre, se détachant au final du terrain syrien pour toucher du doigt quelque chose d'universel et d'atemporel.

Contact

lma@le-monde-autrement.org